Notes d’intentions : a Kurt to be


Connaissez vous Pete Fromm ?

Auteur contemporain américain, il s’est fait une spécialité de nouvelles, souvent à la première personne – donc, sous la forme de monologues intérieurs. Généralement, il s’agit d’instants du quotidien, qui cristallisent un conflit intérieur.
D’une grande finesse psychologique, avec une maîtrise du langage parlé (ou plutôt pensé) spécifique a chaque personnage, on l’appelle parfois le Tchekhov des grandes plaines – sacré compliment !
Je me souviens notamment de l’un de ces récits   : « Breathing on the third stroke » . Au milieu de son entraînement de nage, l’homme fait le point sur sa vie.
Excellent et touchant.

Naturellement, il s’agit de l’une des influences majeures du texte « A Kurt To Be », car il s’agit bien d’un court métrage fondé sur un texte. 
Ensuite s’y est greffée une voix, pour l’interpréter, puis une musique et enfin une mise en image, afin d’offrir un médium plus accessible.

Pour le texte, il s’agissait d’évoquer la fin de l’adolescence. Mais quand a-t-elle lieu, en vérité ? Surement pas à nos 18 ans ! Ne dit -on pas, d’ailleurs, que les rock-stars sont des adolescents attardées ?

Selon moi, la fin de l’adolescence correspondrait plutôt à ce moment (très diffus), où l’on commence a accepter les rêves et les rages, formés durant l’adolescence, pour ce qu’ils sont : des rêves et des rages.
Ni plus, ni moins.

Il ne s’agit pas de les diminuer : comme disait Brel, on forge son far-west intérieur avant 15 ans, puis on passe le reste de sa vie à lui donner corps.
Sauf que la forme que l’on va dessiner s’éloigne naturellement de la cristallisation initiale, cliché de la jeunesse. Par exemple, on finit par saisir que ce rêve de « far-west » était peut-être un attachement à l’esprit de liberté, ou un rejet du conformisme.

Sur le fond, j’avais lu, jadis, un entretien de Kurt Cobain, dans lequel on lui demandait ce qu’il aurait fait, s’il ne s’était pas plongé dans le rock : « J’aurais sûrement bossé sur des bagnoles ».

Mais alors combien de Kurt Cobain(s) ont effectivement bossé sur des bagnoles ?

D’une manière similaire, dans le film « Juno », le mari produit de la musique pour l’audiovisuel (c’est à dire, pour des pubs). Dans un instant de confrontation avec son épouse, elle lui dit : « tu ne seras jamais Kurt Cobain ! »
Quelle réplique ! Et quelle blessure sous jacente… Au delà du personnage de Cobain lui-même, c’est un mythe personnel et un projet qui s’effondre. Pour le personnage du film, ce moment cristallise ainsi la fin de son adolescence. 

J’ai ainsi valorisé ces impressions pour construire ce petit récit, qui ne démérite pas complètement, car il sembler parler à bon nombre d’entre nous (d’après ce que j’ai pu vérifier). Nos vieux rêves de rock-stars nous hantent longtemps…

Pour plaisanter, je l’ai parsemé de références aux chansons de Nirvana, que les afficionados pourront s’amuser à dégoter.

Enfin, le propos s’agrémente de réflexions – dans un esprit de « café du commerce » – sur la société, son rejet, le mouvement punk (notamment les « punks à chiens »), ou encore les relations paradoxales entre les rockeurs, l’argent et le « gear syndrom effect »…

De manière générale, et bien que la perception soit toujours discutable, ce texte est écrit comme une comédie noire, une sorte de farce, dans laquelle le monde joue un tour de coquin aux conceptions du personnage principal.

Qu’en pensez-vous ?

I’m a… « Kurt », a… « Kurt Cobain », who never made it

Goin’ about forty, working on fuckin’ cars, playing the guitar – sometimes… 

I mean, he could do anything, he was free, somewhat, to choose what to do next… and he rather blew his brains out !. While I… I mean, we all are, just kind’a stuck. Ironic !

I never wanted to be, you know, a Rockstar, or… anything – I mean, living on fuckin royalties ?

I’m a punk ! But, you know, sometimes, I just feel like… drained out. 

To be punk… Sounds funny, right ? Or… dumb ?  

So what ? Should I be out there, sittin’ at the entrance of a fucking wallmart, or something ? Begging with my fuckin dog for a buck ?… Shit, is that being punk ? 

But, you know, not carin’ about nothing, feeling free of any judgement from the world around, just being able to say fuck it all ! That’s, you know, the teen spirit, right !?  That’s the fucking freedom ! 

And instead, I’m right there – working on motors and wheels , so that people could just fuck around, spending on their empty little lives…  

Music ?

Yeah… That’s the only thing that still turns me fuckin on.

But, then again, even that is just, you know, kind’a spoiled by money… I mean : how could you even think about playin’ or recordin’, without any fuckin gear ?

That’s it : if I was a real fuckin punk, I wouldn’t even care about recording on a messy tape, with fuzz and everything. Must have become a hipster or something, for I also want it to sound good…

Pop music, huh, « pop-ular »,  hits – those are fuckin dreams, sure far from Punk.

Ideology, right ?  

Punker than punk… 

Truth is that I’m just gettin old – yeah – it’s hard to keep on goin’ with one’s younger fuckin way ! Ah, nevermind ! After all, maybe, I (too) should have blown my fuckin brains out… Mmh ?

crédit photo ci-dessus : Neil Wallace

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2 réponses à “Notes d’intentions : a Kurt to be”

Répondre à Impressions : « concentré », une nouvelle de Pete Fromm – Volkan Artz Annuler la réponse

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